Le souci, fiancée du soleil comme on aime à l’appeler, est une fleur discrète et pourtant ses vertus sont bien réelles. S’il sait se faire oublier, il est prodigue et ses bienfaits nous comblent.

Le saviez-vous ?

Dans le langage des fleurs, le souci est associé fort curieusement au chagrin : “Loin de vous, je suis triste…”. Il s’agit certainement de l’influence de l’homonymie avec l’autre souci, c’est-à-dire l’inquiétude, le désagrément. Pourtant, l’étymologie de ces deux soucis est bien différente : notre souci tire son nom de l’ancien français sussie, du latin sol sequium, “qui suit le soleil”. En effet, dès le lever du soleil, le souci ouvre et oriente son capitule vers l’astre solaire dont il refléchit les rayons !

Le nom savant du souci est Calendula officinalis; Calendula est issu du latin calende, premier jour du mois pour traduire l’abondance et, surtout, la régularité de sa floraison ; quant à l’adjectif officinalis, il nous rappelle qu’il fait partie depuis bien longtemps des plantes dites officinales c’est-à-dire possédant des vertus thérapeutiques. On retrouve des prescriptions de souci pour soigner le cuir chevelu dès le XIIe siècle ; son usage, en tant que collyre pour les yeux, est manifeste en Italie au XVIsiècle.

Son importance était telle qu’il faisait partie des plantes dont la culture était recommandée dans les domaines royaux par Charlemagne (Capitulaire De Villis sous son nom de solsequia) !

Ses pétales, séchés au soleil, furent utilisés pour teindre les textiles. Ils étaient aussi employés pour ajouter de la couleur et du goût à certains plats  d’où son surnom de “safran des pauvres”. Réduit en poudre, il a aussi pu servir à “couper” la poudre du véritable safran, beaucoup plus onéreuse…

Saviez-vous, au passage, que, jusqu’au début du XXe siècle et pendant plus de 3 siècles, la capitale mondiale du safran se trouvait à Boynes dans le Loiret ?

Les bienfaits du souci pour votre peau

Revenons à notre souci, gai, lumineux et surtout bon à tout faire !  en effet, ses vertus en font un partenaire incontournable des soins de la peau y compris en dermatologie :

  • L’activité anti-oxydante : La concentration en flavonoïdes (isorhamnetine, narcissine, rutine, etc.) du Calendula o. fait de lui un bon antioxydant ; il protége de la dégénérescence cellulaire en captant les radicaux libres à l’origine du vieillissement cutané prématuré. Il permet également de lutter contre d’autres systèmes oxydatifs ;
  • l’action anti-inflammatoire : les triterpènes qu’il contient, en particulier les esters faradiols, expliquent la puissante activité anti-inflammatoire du souci. Il faut bien aussi savoir que, en cas d’inflammation chronique de la peau, l’ensemble des processus conduit au dérèglement de la production des lipides dans l’épiderme. La concentration en lipides, surtout les céramides, diminue et c’est pourquoi l’extrait de souci est si bien adapté aux peaux sèches ;
  • La protection  solaire : les recherches menées pour comprendre l’intérêt du souci pour protéger la peau des méfaits des UVBs ont démontré deux modes d’actions ; tout d’abord, ses caroténoïdes (pigments responsables de son éclatante couleur jaune orange) piègent efficacement les délétères radicaux libres formés suite à l’impact des UVBs. Plus intéressant encore, il a été mesuré une augmentation de la synthèse du collagène dans le tissu conjonctif sous-épidermal !
  • L’hydratation : avant et après l’exposition au soleil, le souci est un allié précieux pour l’hydratation de la peau; en effet, la richesse en saponines, gommes et mucilages contenus dans la plante apporte de grandes capacités d’hydratation ;
  • Le pouvoir apaisant et cicatrisant : l’extrait de souci est approuvé par l’autorité de réglementation allemande  comme antiseptique et pour la cicatrisation. Une préparation topique de souci est recommandée pour le traitement des plaies, des ulcères, des brûlures, des furoncles, des éruptions cutanées… D’autre part, il a été étudié comment améliorer le traitement des effets secondaires sur la peau de la radiothérapie après chirurgie du sein. Les essais ont démontré qu’une pommade à base de souci est plus efficace que le protocole standard à base de trolamine ;
  • L’action préventive anti-rides : l’élastine est la protéine fibreuse du derme qui structure notre peau; elle lui apporte sa souplesse et sa capacité à absorber les chocs. Nous ne produisons de l’élastine que jusqu’à la puberté cependant sa résistance exceptionnelle la laisse intacte jusqu’à la fin de notre vie; seule une enzyme, l’élastase, est à même de la dégrader et malheureusement la concentration en élastase augmente avec l’âge. La bonne nouvelle est que l’extrait de souci a démontré qu’il réduit significativement la teneur en élastase (et de hyarulonidase !) du derme protégeant ainsi sa fermeté et sa souplesse.

Comme la matricaire, la centaurée ou le millepertuis, le souci devait sûrement faire partie de la recette de la Panacée ! Ses nombreux bienfaits sont avérés et la “fiancée du soleil” ne ménage pas ses efforts pour préserver le capital beauté de notre peau !

“J’aimerais que ces lignes aient la même hésitation qu’un papillon perdu dans l’immensité d’un haut plateau.” –  共生虫, Kyōseichū (2000) de Ryû Murakami.

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