l’hiver et ses frimas arrive … les coings se recouvrent d’un léger duvet et se parent d’un jaune intense : il est temps de les récolter. A vos fourneaux pour préparer compôtes, gelées et pâtes de fruits !

Le coing va bientôt régaler vos palais et il peut aussi prendre soin de votre peau…

Le saviez-vous ?

Le coing, Cydonia oblonga, est aujourd’hui l’unique représentant du genre Cydonia au sein de la famille des Rosacées; en effet, les cognassiers du Japon et de Chine, beaux arbustes ornamentaux à la splendide floraison rouge, sont désormais classés dans une autre famille.

Le nom de coing, via le latin impérial cotōneum puis codoin au XIsiècle et cooin au XIIsiècle,  vient du grec κυδώνιον μῆλον, kydonion mêlon « pomme de Kydonia ». Originaire des régions tempérées du Caucase, ce fruit était déjà reconnu dans la Grèce antique; en particulier, la variété provenant de la ville de Kynodia (Crête) était si appréciée des grecs qu’elle a donné son nom au fruit. Kynodia, devenue depuis La Canée, a vu naître, en 1934, la chanteuse, à la voix douce et parfumée comme un coing bien mûr, Nana Mouskouri !

On doit également aux grecs le mot de marmelade via  μελιμῆλον avec μελι, meli, «miel» et μῆλον, melon, «pomme»; “melimelon” désignait une préparation de coings imprégnés de miel, une confiture de coings. A titre anecdotique, et pour souligner combien le coing est associé à la douceur et à la santé, il circule une étymologie fantaisiste; une reine, Mary Stuart ou Marie Antoinette suivant les versions, étant malade, son cuisinier français lui aurait préparé une bienfaisante confiture de coings et de sucre; le mot “marmelade” serait donc une altération de “Ma’am est malade”…

Comme dirait Alfonso Di Lernia, “Monsieur, si ce n’est vrai c’est bien trouvé !”

La culture du coing dans le bassin méditérranéen a précédé celle de sa cousine, la pomme. D’ailleurs les éxégètes nous assurent que lorsque le cantique des cantiques mentionne la “pomme”, il s’agirait, en réalité, du coing ! Citons un extrait du dialogue entre les époux :

– Comme le pommier parmi les arbres d’un verger, ainsi mon bien-aimé parmi les jeunes hommes.
À son ombre désirée je me suis assise, et son fruit est doux à mon palais.

Il m’a menée au cellier, et la bannière qu’il dresse sur moi, c’est l’amour.
Soutenez-moi avec des gâteaux de raisin, ranimez-moi avec des pommes, car je suis malade d’amour.

Pour la même raison, il est probable que le fruit du savoir, tentation d’Eve dans le livre de la Génèse, fût un coing et non une pomme…

Rappelons que, pour les grecs en particulier, le coing  était indissociable de l’amour et des noces. Le coing était le cadeau rituel offert aux futurs époux; les jeunes mariés grecs grignotaient un coing pour parfumer leur baiser avant d’entrer dans la chambre nuptiale;

Dans notre récent article sur la girofle, nous avons évoqué les aventures de Pierre Poivre pour le compte de la Compagnie Française des Indes Orientales. Tout comme la première guerre mondiale a entraîné l’essor de la météorologie, le commerce maritime a requis le développement de la médecine maritime. L’apothicairerie du port de Lorient était en charge d’approvisionner le coffre à médicaments des navires de la Compagnie. La pharmacopée était parfaitement définie et basée sur 10 électuaires. le coing, quant à lui, entrait dans la composition du “diaprun solutif“; il s’agissait du quatrième électuaire en importance après la thériaque, le diascordum et le catholicum simple.

En France, les températures automnales sont, en général, insuffisantes pour obtenir une maturité permettant de déguster le fruit cru. Comme la poire, le coing contient des amas de cellules pierreuses (sclérenchymateuses) donnant à sa chair une consistance granuleuse.

Concluons en rappelant que le coing est bien sûr la base essentielle du fameux Cotignac d’Orléans. François 1er ou Charles de Gaulle, pour ne citer qu’eux, raffolaient de cette gourmandise.

Les bienfaits du coing pour votre peau

Les avantages cosmétiques du coing sont essentiellement dus à sa teneur en tanins, en mucilage, pectines et divers acides; aussi présente-t-il une importante activité hydratante et astringente :

  • Capacité hydratante : Les sucres contenus dans le coing sont capables d’adsorber l’eau, de maintenir l’équilibre hydrique de la couche cornée et d’arrêtez la déshydratation.
    De la même manière, les mucilages et la pectine sont d’excellents agents hydratants qui absorbent et retiennent l’eau. Ces biopolymères forment un film sur la surface de la peau, ce qui réduit la perte d’eau transépidermique (TEWL).
    Enfin, le potassium est un minéral important qui participe à la régulation de l’équilibre hydrique de la peau.
  • Action antioxydante : En raison de la présence d’acide férulique, le coing possède des propriétés antioxydantes bénéfiques pour la peau. Cet acide neutralise les radicaux libres (superoxyde, radicaux hydroxyle, oxyde nitrique) qui peuvent endommager les membranes cellulaires et l’ADN; il prévient également les dommages causés par les rayons UV (ceux-ci en effet augmentent drastiquement l’activité antioxydante). Il prévient également la peroxydation des lipides, aidant à réduire l’oxydation cellulaire.
    Dans une étude (Fattouch, 2007), il a été trouvé que l’extrait de coing avait un effet inhibiteur de 70-80% sur les radicaux DPPH.
    En outre, la teneur en vitamine C renforce la capacité antioxydante de cet extrait
  • Activité anti-inflammatoire : Shinomiya en 2009 a examiné l’effet d’un extrait de coing in vivo et in vitro. Ils ont montré une diminution significative du développement des lésions cutanées lors de l’application du coing. La concentration d’IgE a également été abaissée (d’une manière dépendante de la dose); l’expression de l’ARNm de la sous-unité gamma du récepteur d’IgE a également été réduite.
    La teneur en mucilage confère également des propriétés anti-inflammatoires. Ali en 2000 a mené une étude où des mucilages de coing ont été appliqués dans les plaies pour voir leur capacité à accélérer la guérison. Les résultats ont indiqué que les plaies se sont améliorées plus rapidement dans le groupe traité avec des mucilages de coings.
  • Activité dépurative : La propriété détoxifiante du coing est principalement due à sa teneur en tanins, qui sont des substances astringentes, ainsi qu’à sa teneur en fibres (pectine et mucilage). De plus, la présence d’acide malique apporte des bienfaits purifiants supplémentaires.

Charles Buet, dans « Castelvautour », écrivait « Suis-je enrhumé ? Dans ce cas n’avez-vous plus de cet excellent cotignac d’Orléans… ». Le coing fleure bon dans nos intérieurs, ravit nos palais et illumine notre peau. A fréquenter sans modération !

“… le mariage n’est ni un poison, ni un médicament. C’est une marmelade, une confiture, une friandise!” –  Arlecchino servitore di due padroni (1753) de Carlo Goldoni.

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